lundi 17 février 2014

Inoubliable : la Laguna de Los Condores

Post dédicacé à la super Marraine de MP - excellente cavalière ;) - à qui nous avons tant pensé pendant cette randonnée !


Le meilleur pour la fin : voici le dernier volet de nos vacances du mois de janvier ! 
Le LAC des CONDORS
... Rien que ce nom fait rêver. Et bien : nous n'avons pas été déçus !

Le Lac des Condors est connu grâce aux mausolées et aux vestiges de la culture Chachapoyas (voir notre post sur KUELAP) qui sont nombreux sur ses rives et dans les environs. Les kilomètres de forêt sauvage qui séparent le Lac des Condors des villages les plus proches (40 km. pour le village le plus proche...) sont parsemés de vestiges chachapoyas datant environ de l'époque de la conquête espagnole, et dont la majorité ne sont pas encore exploités et ouverts aux visiteurs. 

Nous partons au petit matin du village de Leymebamba, le plus proche du lac (40 kilomètres donc...), sous une pluie drue, avec notre guide et deux chevaux.
Alors que nous étions arrivés avec notre beau sac à dos et sa housse étanche, voici que notre guide - un peu embêté - nous demande de mettre nos affaires dans des sacs en plastique afin de les répartir plus facilement sur les "sacs en bandoulière" qu'il accroche à la selle des chevaux.
Voici nos pyjamas et nos pulls bien chauds sous de fragiles sacs en plastique, dispersés entre les réserves de carottes et le riz pour la tambouille de ce soir... De vagues ponchos sont censés protéger tout ça. On croise les doigts !! (Finalement, nous serons bien agréablement surpris : tout arrivera SEC !)

Le premier jour de marche est un peu triste car la pluie est tenace. Au départ du village, nous prenons vite de la hauteur, mais hélas les nuages ne nous laissent pas encore profiter des paysages. 
Notre guide est très pressé : nous devons marcher 40 kilomètres dans la journée, avec 1000 m. de dénivelé positif, puis 1000 mètres négatif : gros programme. A notre surprise (surprise plutôt désagréable au début...) il nous demande de monter sur les chevaux et ne nous laisse pas en descendre ! Il nous demande de pousser au maximum les chevaux afin d'avancer au mieux. On ne perd donc pas de temps ; dans les montées, on avance d'un bon pas, et sur les plats : on trotte ! Et tout le temps, coups de talon et encouragements à la voix: l'équitation est un vrai sport !! (Nous marcherons quand même de bonnes heures dans les passages difficiles, pour alléger les chevaux).

Les chevaux de notre guide ont fait notre admiration : 40 kilomètres avec un fort dénivelé sans une goutte de sueur, sans rechigner, sans traîner. Pour passer la Cordillère, cette crête rocheuse qui barre la route du lac, le chemin devient un sentier raide, où on marche sur la roche même, lisse et rendue glissante par la pluie. Nos chevaux de compétition montaient ces pentes abruptes avec un entrain qui nous a impressionnés ! 

J'ai bien pensé aux balades entre cousins au Tertre et aux bons vieux Connemara ;) il faudrait qu'ils viennent faire un petit stage par ici !!
... Vivement les retrouvailles et les prochaines balades familiales !!!

Revenons à notre randonnée péruvienne : 
Quelques éclaircies nous ont permis de contempler des paysages sauvages, très verts, des palettes de couleurs incroyables, gris et bleutées, égayées par les fleurs jaunes et les pousses vert pomme. Les arbres semblent très vieux avec leurs couvertures de lichens et de mousses épaisses. Le chemin longeait souvent des petits lacs qui doivent disparaître à la saison sèche.


A mi-chemin, une aventure nous attendait !
Notre chemin croisait celui d'un torrent qui avec les pluies était devenu large et furieux : impossible de passer. Différentes solutions ont alors jailli de nos esprits : 
1- attendre que les eaux descendent.... (à ce moment-là, il ne pleuvait presque plus). Mais finalement, la reprise de la pluie nous a vite fait changer d'avis !
2- construire un pont en contre-bas. Notre guide paraissait décidé et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, avec sa superbe machette qu'il tenait accrochée à sa ceinture, il dépeça un bel arbre et revint avec son tronc pour en faire une passerelle. Avec Luc, nous regardions les eaux déchaînées mugir en contre-bas et nous avions du mal à nous imaginer passer par dessus sur un simple tronc d'arbre.
3- aller explorer les abords du torrent au-dessus du sentier pour voir s'il ne s'y cachait pas un passage plus facile pour enjamber le torrent.
Suivant cette 3ème solution, toujours armé de sa machette magique, voici notre guide qui s'ouvre un chemin dans la forêt dense qui entoure le sentier. Sur son passage surgissent des odeurs incroyables de mousses humides, de feuilles en décomposition, un type de sous-bois inconnus dans nos contrées françaises ! Et finalement, il découvre à quelques mètres au-dessus, un pont naturel bien solide au-dessus du torrent. Nous y passons avec nos sacs alors que les chevaux, eux, passent allègrement le torrent !
Aïe : la route est barrée.
Les hommes, plutôt contents de cette distraction dans la marche !
Le fameux pont naturel qui nous sauva !
Harnachement (voici les fameux sacs où sont nos affaires propres ! Glooops.)
Le torrent passé, s'ouvre devant nous une vallée magnifique, protégée par de grandes falaises et boisée de grands arbres. Elle descend en pente douce jusqu'au lac.
La pluie de la journée a formé une multitude de cascades qui bondissent sur les falaises. La montagne ruisselle. Quel spectacle !

Et nous arrivons au gite : un longue grange aménagée en dortoirs, avec une cuisine au feu de bois au bout. Un gardien y habite. Cet homme est en charge de surveiller les sites archéologiques des environs, afin d'éviter les pillages. Après un délicieux dîner au feu de bois, nous apprécions une grosse nuit dans un silence quasi parfait... sans compter les petites reinettes qui chantèrent au coucher et au lever du soleil !




Seulement le lendemain, deuxième jour, nous découvrons le LAC !
Silencieux et farouche, il étend ses eaux sombres au pied de falaises verticales. Nous y descendons avec notre guide, le gardien du gite et également un groupe de 2 hommes et 2 enfants venus amenés leurs bovins dans cette vallée verdoyante. 
Ensemble, nous embarquons pour ...pêcher la truite !
Avec notre guide, nous ferons une petite escale de l'autre côté du lac, afin d'escalader les falaises jusqu'aux mausolées cachés derrière les cascades.

Après un dîner de truites fraîches et une deuxième nuit, nous voilà en route !
Cette fois, la météo est avec nous : nous avançons plus facilement sans poncho ni capuche. Par contre, le chemin est resté très mouillé... Notre guide, plus détendu, nous laisse marcher sur nos deux jambes plus facilement qu'à l'aller ! Il semble surpris qu'on soit si enthousiaste pour marcher, mais fini par s'y faire en constatant qu'on marche bien aussi vite que ses quadrupèdes !! Quand le chemin est trop boueux, nous les apprécions quand même pour prendre un peu de hauteur ! 
C'est notre dernier jour de vacances avant de retrouver Lima : nous savourons d'autant plus de pouvoir marcher d'un bon pas en respirant l'air limpide, nous imprégnant de ces paysages magnifiques.
Un pantalon blanc.... mais quelle idée !?!

Sur le chemin, nous rattrapons un des enfants et un homme avec qui nous étions au gite. Ils ramènent des bovins pour les vendre au village. Nous finissons la route avec eux, et partageons notre pique-nique : des rencontres super sympathiques. 
Le petit gars de 10 ans a marché les 40 km. Résistants ces péruviens !

A quand les prochaines vacances ?? ;)

GROS BISOUS à TOUS !

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